33 To Follow : focus sur Camille Goretti (Ogilvy Social.Lab Brussels)

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Dans le cadre de l’initiative 33 To Follow, lancée par CommPass et ses partenaires professionnels – PUB, MediaSpecs et Media Marketing – les jeunes talents émergents du secteur belge des médias sont mis sous les projecteurs. Chaque année, 33 jeunes professionnels de moins de 33 ans, actifs au sein d’agences, de régies, d’annonceurs ou d’organisations connexes, sont sélectionnés pour leur créativité, leur vision et leur impact sur le marché.

Pour cette première édition, PUB a donné la parole à l’un de ces jeunes talents, Camille Goretti, Senior Paid Media Strategist chez Ogilvy Social.Lab Brussels. La rédaction lui a posé quelques questions afin de découvrir son parcours, ses sources d’inspiration et sa vision du métier de professionnel des médias en 2026.

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Rappelez-nous brièvement votre parcours professionnel jusqu’ici et décrivez-nous vos fonctions actuelles ?

Mon parcours a débuté avec un Master en Publicité obtenu à l'IHECS en 2016. C'est durant mon stage de fin d'études que j'ai eu la chance de découvrir le monde des agences, avec deux expériences enrichissantes chez Havas et TBWA.

J'ai ensuite commencé ma carrière chez Ogilvy Social.Lab, en tant que Campaign Manager au sein du département média. C'est là que j'ai vraiment pu construire mon expertise et gravir les “échelons” jusqu'à ma position actuelle de Senior Paid Media Strategist. Aujourd'hui, mon rôle consiste à concevoir et à déployer des stratégies paid media sur l'ensemble de l'écosystème digital. J'ai la chance de travailler à la fois sur le marché belge, mais aussi sur des stratégies multi-marchés. Au quotidien, je m’assure que les approches créées sont non seulement performantes, mais aussi en phase avec les dernières évolutions du digital.

Quel a été le moment, le déclic qui vous a donné envie de travailler dans le secteur marcom et qu’est-ce qui a motivé le choix de l’entreprise pour laquelle vous travaillez actuellement ? 

Il est difficile pour moi d’isoler un seul déclic ! Je pense plutôt que c'est une combinaison de plusieurs influences, assez tôt dans ma vie, qui m'ont guidée vers ce secteur. D'un côté, ma mère travaillait dans le domaine des technologies, ce qui m'a sensibilisée très jeune au monde du digital. De l'autre, dès le secondaire, je m'amusais déjà à gérer les réseaux sociaux d'artistes émergents. J'ai toujours su que je voulais travailler dans le digital, sans forcément savoir précisément quel rôle j'y jouerais.

C'est vraiment mon dernier stage chez TBWA qui m’a guidé un peu plus concrètement. J'ai eu la chance d'intégrer une petite équipe dédiée au social media et c'est là que j'ai vraiment eu le goût de faire ça en agence.

Quant au choix d'Ogilvy, l'opportunité s'est présentée grâce à une personne rencontrée pendant mon stage. Mais au-delà de cette rencontre, c'était surtout une envie personnelle. À l'époque, Ogilvy Social.Lab avait une réputation forte en matière de social media, et peu d'agences étaient aussi avancées que nous sur ce volet. C'était le lieu où il fallait être si l'on voulait vraiment innover dans le digital et le social. En plus de cela, la réputation globale d'Ogilvy et ses valeurs en faisaient un choix facile.

Vous avez les clefs pour changer une règle du jeu dans le secteur. Vous toucheriez à quoi ?

Je pourrais parler d'attribution ou de transparence des algorithmes qui sont des sujets qui nécessiteraient d’être revus. Mais je vais choisir plutôt quelque chose de plus accessible: j'imposerais qu'un pourcentage de chaque budget média soit systématiquement dédié à l'innovation. On travaille dans un secteur qui évolue trop vite pour que l’innovation soit vue comme une simple option à nos recommendations media. Ce budget nous aiderait à expérimenter plus sereinement, à réduire la peur de l'échec (pour nous et la marque) et à maintenir nos stratégies à la pointe. C'est en testant qu'on peut découvrir les futures leviers de performance.

Le mot, le concept qui vous fatigue le plus dans notre industrie ?

Le concept qui me fatigue le plus, c'est “on veut que le contenu devienne viral". Les marques pensant qu'il suffit de quelques "bons ingrédients" pour y arriver. Mais c’est quelque chose d’imprévisible. Un contenu résonne quand il rencontre le bon moment culturel, c'est une alchimie avec l’audience qu'on ne peut pas toujours anticiper.

Êtes-vous sensible au débat local vs global (parlant des médias) ?

Bien sûr ! Je travaille à la fois sur la planification de stratégies au niveau local, mais également sur plusieurs marchés. J'ai aussi vu des clients opter pour le global afin de rationaliser leurs coûts, ce qui montre bien la réalité de ce débat.

La réponse a ceci n’est pas noire ou blanche. il s'agit de trouver le bon équilibre. Mais je suis convaincue que certaines marques doivent impérativement conserver un ancrage local pour leur exécution média. Il y a des nuances culturelles et des spécificités de consommation propres à chaque marché. Et ces subtilités sont souvent gommées par un plan global.

Estimez-vous que notre industrie a un rôle sociétal à jouer, au-delà de son impact économique ?

Sans aucun doute, oui! Quand nous construisons une stratégie média, on doit s'assurer que les plateformes et les audiences que nous choisissons ne renforcent jamais des clichés, et qu'elles ne dénigrent aucune partie de la population.

Et même si je suis experte média, chez Ogilvy, l'avantage est qu'on travaille en synergie avec le département créatif. Lors de ces échanges, c'est aussi de mon devoir de donner mon avis sur les créations, surtout si je pense qu’elles sont non éthiques ou peu représentatives de la diversité.

Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon professionnel des médias en 2026 ?

Pour moi, c'est avant tout quelqu'un qui sait s'adapter en permanence. Le monde digital évolue très rapidement, et parfois on peut se sentir submergé par toutes les avancées. Mais c’est important de rester curieux de ce qui se passe autour de nous. J’essaye personnellement de faire une veille active des nouvelles plateformes, placements publicitaires, possibilités de ciblage.

Au-delà de cette veille, il faut être capable de comprendre ce potentiel. Dès qu'une opportunité se présente et qu'elle est pertinente pour une marque, il est essentiel de l'intégrer régulièrement dans nos recommandations. Mais il est primordial de toujours pouvoir mesurer l'impact de ces nouveautés pour en tirer des conclusions.

Quels sont vos sources d’inspiration ?

C'est tout simplement ma maman. C'est quelqu'un qui a mené une carrière remarquable, gravissant les échelons sans l'aide de personne pour atteindre une place importante. Et elle a fait tout cela en gérant une famille de trois enfants.

Cela me montre une résilience incroyable face aux défis quotidiens. C'est une force que j'essaie de garder en moi tous les jours, cette capacité à persévérer malgré la difficulté.

Votre plus grande fierté professionnelle à ce stade ?

C'est une question difficile car il y en a eu plusieurs. Mais si je devais en choisir une, ce serait celui qui incarne le mieux ma philosophie : pousser l'innovation dans nos plans médias.

Je pense au lancement de la toute première publicité TikTok en Belgique, pour L'Oréal (Garnier Fructis), en 2020. À l'époque, TikTok était très nouveau dans le paysage publicitaire belge. Réussir à être les pionniers et à l'implémenter était une grande fierté, d'autant plus quand on voit l'impact et l'usage que cette plateforme a aujourd'hui.

Où vous voyez-vous dans 5 ans et pourquoi ?

En toute transparence, je n'en ai aucune idée. Aujourd'hui, j'apprécie énormément ce que je fais chez Ogilvy Social.Lab. Je reçois les clés pour évoluer, pousser l'innovation et influencer les stratégies. Donc, tant que je trouve ici les opportunités d'apprendre et d'innover, je suppose que dans 5 ans, vous me trouverez toujours là.

Après, l'avenir peut parfois être surprenant : peut-être que j'aurai tout quitté pour devenir digital nomad sous le soleil de Lisbonne !