33 To Follow: focus sur Charlotte Van der Stappen (Ads & Data)

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Dans le cadre de l’initiative 33 To Follow, lancée par CommPass et ses partenaires - PUB, MediaSpecs et Media Marketing - de jeunes talents prometteurs du secteur des médias en Belgique sont mis à l’honneur. Chaque année, 33 professionnels de moins de 33 ans sont sélectionnés pour leur créativité, leur vision et leur impact. Ils sont actifs au sein d’agences, de régies, chez des annonceurs ou dans des organisations connexes.

PUB s’est entretenu avec l’un de ces jeunes talents : Charlotte Van der Stappen, media insights analyst chez Ads & Data.

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Pouvez-vous nous retracer brièvement votre parcours professionnel et expliquer votre fonction actuelle ?

Ma carrière a débuté en 2019 chez SBS Belgium – aujourd’hui Play Media – où j’ai fait mes premiers pas dans le secteur des médias en tant que researcher. C’est là qu’est née ma fascination pour les chiffres d’audience, les cibles et les histoires qui se cachent derrière les données.

Aujourd’hui, je travaille comme market intelligence specialist chez Ads & Data. Avec un regard curieux, j’analyse les audiences, les tendances du marché et les études média afin de soutenir les décisions stratégiques et d’aider l’équipe commerciale à construire des récits solides et étayés. J’y combine mon parcours académique en Idea & Innovation Management et en Digital Marketing avec une approche pratique et centrée sur l’humain.

Quel a été le déclic qui vous a orientée vers le secteur marcom, et pourquoi avoir choisi Ads & Data ?

Durant ma formation en Idea & Innovation Management, mon intérêt pour les médias a véritablement été déclenché par le cours Media. En deuxième année, cet intérêt a pris une dimension concrète lors de mon stage chez SBS Belgium, où j’ai réalisé un audit d’innovation au sein du département research. Ce fut ma première véritable immersion dans le secteur des médias, et cela a confirmé mon envie d’y poursuivre ma carrière.

Après trois années en Idea & Innovation Management, j’ai cependant estimé qu’il me manquait encore certaines compétences plus pratiques pour réellement trouver ma place dans le secteur. J’ai donc suivi un postgraduat en Digital Marketing à EMS/EHSAL. À l’issue de cette année supplémentaire, je suis retournée chez SBS Belgium et j’y ai rapidement débuté comme employée à temps plein.

Depuis la fusion avec la régie publicitaire de Mediahuis et Pebble Media, l’entreprise est devenue Ads & Data, où je travaille toujours avec beaucoup de plaisir. Ce qui rend Ads & Data particulier à mes yeux, c’est que l’environnement est à la fois professionnellement stimulant et humainement chaleureux. Avec environ 150 collègues, chacun s’y sent chez soi et valorisé, quelle que soit sa fonction ou son expérience. On a aussi l’opportunité d’avoir un impact réel : on voit directement comment son travail contribue aux clients et au succès de l’entreprise. Cette combinaison de défi, d’engagement et d’impact me permet de m’y sentir pleinement à ma place.

Si vous pouviez changer une règle du secteur, laquelle serait-ce ?

J’aimerais que l’on abandonne l’idée selon laquelle les données doivent toujours être exhaustives et parfaites pour être pertinentes. Dans un monde média qui évolue rapidement, il me semble plus important de partager des insights, de les interpréter ensemble et d’en discuter, plutôt que d’attendre la « réponse parfaite ».

Quel mot ou concept vous dérange le plus dans notre secteur ?

“Eyeballs”. Le terme désigne le nombre de téléspectateurs ou de visiteurs (audience), mais il est souvent utilisé de manière exagérée et artificielle, comme si chaque regard comptait mécaniquement, plutôt que de parler d’engagement réel ou d’impact.

Comment percevez-vous le débat local versus global dans les médias ?

Je ne considère pas le local et le global comme des opposés, mais comme complémentaires. Les plateformes internationales offrent indéniablement de l’échelle et de l’innovation technologique, mais la portée seule ne suffit pas. La portée n’est pas automatiquement synonyme d’impact.

Selon moi, la véritable force des médias réside dans la pertinence locale : des contenus en phase avec le quotidien, la culture et le contexte des publics. En Belgique, on constate que les médias locaux continuent de toucher un public large et diversifié précisément grâce à cette pertinence. C’est pourquoi je crois qu’un paysage médiatique sain a besoin d’acteurs locaux qui collaborent, partagent leurs connaissances et assument leur rôle aux côtés des acteurs globaux.

Le secteur des médias a-t-il, selon vous, un rôle sociétal à jouer ?

Absolument. Les médias influencent la manière dont les gens perçoivent le monde, les récits qui sont entendus et la représentation des différents groupes. En tant que secteur, nous avons donc aussi une responsabilité : faire preuve de transparence, refléter la diversité et contribuer à une société informée.

Qu’est-ce qui fait, selon vous, un bon professionnel des médias en 2026 ?

La curiosité, l’adaptabilité et l’empathie. Un bon professionnel des médias comprend les données, mais aussi les personnes. Il ose poser des questions, sait traduire clairement des insights et apprécie la collaboration transversale dans un paysage où les frontières entre les différents médias s’estompent de plus en plus.

Qui ou quoi vous inspire ?

Je puise beaucoup d’inspiration auprès de collègues et de partenaires qui partagent leurs connaissances et sont ouverts au dialogue. Les rencontres internationales, comme le congrès EGTA Market Intelligence Meeting, m’apportent également de nouvelles perspectives.

De quoi êtes-vous la plus fière jusqu’à présent ?

D’être parvenue à traduire des données en insights réellement utilisés, tant en interne qu’en externe. Des présentations comme le Jaaroverzicht van Media-investeringen et le Video Streaming Monitor pour VIA, ou encore des contributions à des award cases, sont des moments où tout converge : analyse, narration et impact.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Je me vois continuer à évoluer dans les domaines des médias et de la recherche, avec un rôle me permettant de créer encore davantage de ponts entre data, stratégie et humain. Que ce soit via des projets d’innovation ou des initiatives sectorielles, je souhaite continuer à contribuer à un secteur média connecté et tourné vers l’avenir, où les jeunes talents ont leur place et sont écoutés.