33 To Follow : focus sur Iman Muzira (Ogilvy Social.Lab Belgium)

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Dans le cadre de l’initiative 33 To Follow, lancée par CommPass et ses partenaires professionnels – PUB, MediaSpecs et Media Marketing – les jeunes talents émergents du secteur belge des médias sont mis sous les projecteurs. Chaque année, 33 jeunes professionnels de moins de 33 ans, actifs au sein d’agences, de régies, d’annonceurs ou d’organisations connexes, sont sélectionnés pour leur créativité, leur vision et leur impact sur le marché.

Pour cette première édition, PUB a donné la parole à l’un de ces jeunes talents, Iman Muzira, Paid Media Strategist & DEI Board chez Ogilvy Social.Lab Belgium. La rédaction lui a posé quelques questions afin de découvrir son parcours, ses sources d’inspiration et sa vision du métier de professionnel des médias en 2026.

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Rappelez-nous votre parcours professionnel jusqu’ici et décrivez-nous vos fonctions actuelles ?

Je suis Paid Media Strategist chez Ogilvy Social Lab., où je travaille depuis bientôt cinq ans maintenant. J’ai commencé mon parcours dans une boîte de consultance, qui s’appelle Ormit (que je recommande !) spécialisée dans les traineeship post-graduate. Grâce à elle, j’ai pu commencer du côté annonceur, chez ING, dans leur Centre d’Expertise Communication.

Aujourd’hui, je travaille sur des stratégies de paid media pour différents marchés et différents clients, avec un focus sur la performance et l’intégration du média dans des stratégies plus larges. Concrètement, je fais le lien entre les enjeux business, la stratégie de communication et l’exécution média, en essayant toujours de garder une vision à 360°.

En plus de mes différents clients et marchés Ogilvy, j’ai la chance de collaborer directement avec des équipes de WPP Media (Mindshare & Wavemaker notamment) lors de missions ponctuelles de consultance.

Quel a été le moment, le déclic qui vous a donné envie de travailler dans le secteur marcom et qu’est-ce qui a motivé le choix de l’entreprise pour laquelle vous travaillez actuellement ?

Au départ, ce qui m’a attirée dans la communication, c’est le pouvoir des idées : la capacité de raconter des histoires, de changer des perceptions, de rendre visibles certains sujets. Puis j’ai compris que le média n’était pas juste un sujet de diffusion, mais un véritable moteur culturel.

J’ai été particulièrement attirée par Ogilvy Social.Lab parce que c’est un environnement où la stratégie, la création et l’exécution travaillent vraiment ensemble. C’est aussi un terrain de jeu exigeant, qui m’a permis de me spécialiser, d’apprendre vite et de travailler sur des problématiques très différentes.

À côté du travail pur, OSL est probablement l’entreprise avec la meilleure culture que j’ai vue. Les profils sont très diversifiés, avec beaucoup d’expats, ce qui rend tout échange extrêmement enrichissant. Il y a quelque chose de profondément humain.

C’est un environnement où je peux être alignée avec mes convictions, tout en grandissant professionnellement.

Vous avez les clefs pour changer une règle du jeu dans le secteur. Vous toucheriez à quoi ?

Je remettrais le sens au centre. On est devenus extrêmement bons pour optimiser, mesurer, automatiser. Mais parfois au détriment de la question la plus simple : pourquoi on fait ça ?

J’aimerais qu’on arrête de penser le média uniquement comme un levier d’efficacité et qu’on le pense davantage comme un levier d’impact, culturel, social, émotionnel.

Le mot, le concept qui vous fatigue le plus dans notre industrie ?

Authentique”. Parce qu’on l’utilise tellement qu’il a presque perdu son sens. L’authenticité ne se décrète pas dans un deck. Elle se prouve dans les choix qu’on fait, dans la cohérence, dans la durée.

Êtes-vous sensible au débat local vs global (parlant des médias) ?

Oui, énormément. Je crois qu’on a besoin de visions globales fortes, mais qu’elles n’ont de valeur que si elles sont intelligemment traduites localement.

Le média, par définition, est un terrain culturel : ce qui fonctionne dans un pays ne fonctionne pas forcément dans un autre. Le vrai enjeu, c’est l’équilibre entre la cohérence et la pertinence.

Estimez-vous que notre industrie a un rôle sociétal à jouer, au-delà de son impact économique ?

Oui, et il est immense. La pub et les médias façonnent ce qu’on voit, ce qu’on normalise et ce qu’on valorise. Choisir ce qu’on montre, où on le montre et comment, c’est déjà un acte culturel. Je pense qu’on a une grande responsabilité dans les récits qu’on amplifie.

Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon professionnel des médias en 2026 ?

Quelqu’un qui combinerait au moins ces trois choses :

  • une vraie culture stratégique,

  • une compréhension profonde des outils et de la data,

  • et surtout du discernement.

Avec l’IA et l’automatisation, je pense que notre vraie valeur sera dans la capacité à poser les bonnes questions et pas à juste exécuter le plus vite.

Quels sont vos sources d’inspiration ?

Alors, au risque de paraître banale ou très générale, je dirais : les gens qui m’entourent. Des créatifs, des stratèges, des entrepreneurs, des artistes, des activistes... Chacun possède des valeurs ou des passions qui m’inspirent profondément.

Il y a aussi tous les secteurs en dehors de la pub qui sont une source d’inspiration quotidienne : la culture, la mode, la nourriture, les mouvements sociaux. Tout ce qui raconte quelque chose sur notre époque finalement.

Votre plus grande fierté professionnelle à ce stade ?

Le fait d’avoir construit une vraie expertise, tout en alignant mon travail avec mes valeurs. D’être aussi devenue quelqu’un à qui on fait confiance sur des sujets stratégiques et pas seulement opérationnels.

Où vous voyez-vous dans 5 ans et pourquoi ?

Dans un rôle plus porté sur le leadership. À piloter des stratégies, à accompagner des équipes, à avoir un vrai impact sur la manière dont on conçoit le média. Ici, je ne parle pas forcément d’un titre précis, mais d’un rôle où je peux combiner vision, exigence et transmission.