Lvdt.studio lance une collection de podcasts natifs 100% belges

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Le 30 novembre, « La voix dans ta tête » inaugure le premier média belge francophone dédié uniquement à la création de podcasts natifs et narratifs, en lançant le premier épisode du podcast « Bières et faits divers » et les pilotes de « Paumé.e ». Objectif : faire du podcast belge un produit culturel viable sur un marché monopolisé par les studios français.

Bières, féminisme, littérature ... lvdt.studio aborde ces thématiques dans sa première collection de podcasts belges. « Chaque mois, nous lancerons la diffusion d’une nouvelle émission entièrement produite et réalisée en Wallonie, qui fera la part belle aux voix et aux experts wallons et bruxellois. C’est une collection de podcasts natifs « in house », et non pas commandés par des marques ou d’autres médias. Nous sommes les premiers à le faire en Belgique francophone, » explique Caroline Prévinaire, fondatrice de lvdt (La voix dans ta tête). « Notre ambition est de développer un réel produit culturel belge francophone et prendre notre place sur le marché du podcast francophone, actuellement dominé par les studios français (Nouvelles Écoutes, Binge Audio, Arte Radio, Louie Media). Car la Belgique est à la traîne malgré une tradition de création sonore. »

Modèle économique hybride

Le média a pour objectif de générer 50 000 téléchargements d ici fin 2022. Le modèle économique est hybride. Comme levier financier, lvdt a décroché une bourse de 30 000 € dans le cadre de l’appel à projets « St’Art – Rayonnement Wallonie » de la Fédération Wallonie-Bruxelles. À long terme, lvdt.studio diversifiera ses sources de revenus avec d’autres formats (comme des spectacles autour de ses podcast), en monétisant des contenus exclusifs.

Thématiques réfléchies pour atteindre des communautés et des soutiens

La programmation est construite autour de thèmes représentatifs de plusieurs publics (dits communautés) déjà consommateurs du podcast : féministes, fans de littérature, geek, parents...

« Obtenir des chiffres sur le marché du podcast n’est pas facile, » explique Caroline Prévinaire. « Ce sont les plateformes qui détiennent les outils de mesures, la récolte des data étant un réel enjeu économique. Le profil type de l’auditeur : jeune, urbain, connecté, très présent sur les réseaux sociaux ». Une tranche de ce public est issue de populations discriminées qui considèrent le podcast comme une expression libre dans le monde digital, selon une récente étude de Spotify (Culture Next, Spotify Advertising, 2021).

L’approche de lvdt.studio est pragmatique. Selon l’étude de Spotify précitée, la confiance dans le podcast est importante : 81 % des jeunes (15 à 40 ans) disent avoir déjà posé une action après avoir entendu une publicité dans un podcast. Une aubaine en termes de marketing pour les marques. « On l’a intégré dans notre démarche : les podcasts ont été pensés pour laisser rentrer une diversité de soutiens financiers (sponsors ou institutions), » explique Caroline Prévinaire.

Ecosystème belge et... liégeois

Le média est basé à la Grand Poste de Liège (voir article) et développe des synergies avec Wallifornia Music+Tech, le Brussels Podcast Festival, Leansquare, ou la faculté de journalisme de l’ULiège, la fondatrice créé d’ailleurs un cours sur le podcast pour les étudiants en journalisme. Pour la fondatrice de lvdt : « À Liège, un district créatif émerge, on y participe. »

La Grand Poste - Liège

Du théâtre de rue à l’écoute dans la rue

Les fondateurs sont issus d’une compagnie de théâtre de rue « Les Voisins » ayant produit le spectacle « Y a de la lumière chez l’voisin ! », co-produit entre Compagnie les Voisins / La Charge du Rhinocéros. En 2018, l’équipe réalise le premier podcast de fiction de la RTBF, « Doulange », (200 000 écoutes après 6 semaines de diffusion toutes plateformes confondues). En 2020, l'équipe développe un magazine en ligne ainsi qu’un catalogue de curation sur les podcasts (lvdt.audio), sélectionnant le meilleur de l’actu du podcast et comptabilisant 1200 visiteurs par mois.

Selon la fondatrice : « Le podcast permet la même chose que le théâtre de rue : aller chercher les gens là où ils se trouvent. Et ce sont sensiblement les mêmes délais de production et budget que le théâtre. »