Nos livres répondent à l'envie de raconter les histoires des journaux et des magazines

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Début 2018, il y a eu un rachat par la direction de Standaard Uitgeverij. Par la suite, la société d'édition a fusionné avec De Ballon. Jeroen Overstijns dirige la maison d'édition avec Wim Verheije et voit les choses s'arranger pour le livre après la difficile période que l'on traverse. - Wim De Mont

Il est clair que les livres ont mieux marché que prévu au cours de l'année écoulée, l'année du Corona en fait, déclare Jeroen Overstijns, PDG de Standaard Uitgeverij : "La plupart des éditeurs de notre pays ont tenu bon. La fermeture des magasins pendant six ou sept semaines a coïncidé avec une période qui n'est pas vraiment une période de pointe pour les ventes de livres. De plus, les canaux en ligne ont partiellement pris le dessus sur les ventes."

De nombreuses librairies ont soudainement ouvert un e-shop au printemps, et livré à domicile...

Jeroen Overstijns:Pendant la pandémie, le monde du livre a montré son meilleur visage ! On a sorti les side car... Même si le nombre que vous pouvez distribuer de cette façon est bien sûr limité. La croissance en ligne a été spectaculaire par contre, c'est vraiment remarquable, mais la grande augmentation s'est faite avec les pure online players, en premier lieu Bol.com.”

D'où vient votre chiffre d'affaires ?

Jeroen Overstijns: Deux tiers de notre chiffre d'affaires provient de la Flandre. Le reste, nous le recevons des Pays-Bas, de la France - et donc aussi du Canada et de la Suisse - et sur quelques marchés plus petits, comme l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie. Surtout les livres et les bandes dessinées ! L'argent que nous gagnons en vendant des droits de commercialisation et de traduction est modeste. Nous n'avons pas nos propres bureaux à l'étranger. Ce que l'on constate dans presque toutes les économies culturelles, c'est que chaque pays a sa propre spécificité. Il peut sembler bon d'avoir un bureau à Amsterdam ou à Paris, mais cela ne sert pas à grand-chose. Nous préférons travailler avec des partenaires locaux. Dans le monde francophone, par exemple, nous travaillons avec Hachette, l'un des plus grands éditeurs du monde. Pour notre plus grand plaisir."

Est-il, ou était-il, difficile de trouver de bons auteurs ?

Jeroen Overstijns: Trop d'éditeurs pêchent dans un étang de plus en plus petit. Parfois, on promet aux auteurs des choses que personne ne peut leur donner. Chez Standaard Uitgeverij, nous voulons avant tout être un facteur de stabilité : un éditeur rentable où les auteurs sont heureux et reçoivent tout le soutien possible. Le monde devient plus compliqué ; il faut avoir une très bonne logistique, des contrats avec suffisamment de points de vente et bien faire le marketing : online et offline marketing, PR et retailmarketing. Il faut également disposer d'un bon service de production pour soutenir les éditeurs. L'édition est donc un métier assez complexe. À mon avis, un auteur a tout à gagner à être avec un éditeur qui fait tout cela bien."

Vos auteurs bénéficient-ils d'un coaching médiatique ?

Jeroen Overstijns:Oui, mais pas structurellement. Cela se passe souvent de manière informelle. À moins qu'ils ne soient débutants, la plupart des auteurs savent déjà ce qu'ils peuvent faire dans les médias. Si vous savez quel est le fond de votre livre, vous pourrez faire passer votre message dans les médias. Ce que nous faisons souvent, c'est motiver les auteurs à être plus actifs sur les réseaux sociaux, et nous indiquons comment nous pensons que cela peut être fait. Mais ce n'est pas comme si nous transférions tous nos budgets vers les réseaux sociaux. Nous évaluons cela en permanence, mais nous sommes convaincus qu'à l'heure actuelle, vous avez encore besoin d'un mix classique. Il faut s'appuyer sur les réseaux sociaux, mais aussi sur les relations publiques classiques et l'attention des médias classiques. Et beaucoup de marketing dans les points de vente ! Des canaux sont constamment ajoutés, mais jamais supprimés."

Vos auteurs sont-ils bien représentés dans les médias traditionnels ?

Jeroen Overstijns: "Le fait que nous apportions des histoires correspond à la grande soif d'histoires des journaux et des magazines, mais aussi de la radio et de la télévision. Mais l'économie du divertissement est en pleine croissance, il y a de plus en plus d'acteurs qui apportent un divertissement culturel. Et dans les médias, il y a une bataille pour chaque centimètre carré. Heureusement, de nombreux médias se profilent de plus en plus comme des médias d'interprétation, ce qui rend la demande pour nos histoires encore plus grande."

Photo : ©Photo Luc Hilderson/Image4you/Mechelen