Qui manque sur cette image ? 

On le sait : la publicité fait rêver. Elle lisse, elle sublime, elle embarque. Mais parfois, à force de viser la performance et le message parfait, quelque chose se perd en route : une part de vérité, de vie, d’humanité. Le monde qu’elle montre est souvent impeccable. Le nôtre ne l’est pas. Et c’est précisément ce qui le rend si riche. 

Parmi les réalités encore trop absentes, il y a le handicap. Non par manque d’intérêt, mais par une forme de retenue, de prudence : peur de déranger, d’alourdir, de “casser l’émotion”. Alors qu’au contraire, rien n’est plus fort que l’émotion vraie. Celle qui inclut, qui relie, qui fait écho. 

Des campagnes existent déjà, parfois sincères, parfois maladroites, parfois stratégiques. Peu importe : elles ouvrent des brèches, elles font avancer les lignes. Et chaque pas compte. Mais si ces initiatives restent encore trop exceptionnelles, c’est aussi parce que l’inclusion demeure largement portée par des obligations plutôt que par une conviction partagée. En 2026, on continue de fixer des quotas de diversité, puis d’en contrôler le respect, alors même qu’ils restent inférieurs à la réalité de la société. Cette logique de contrôle nous montre que, quoiqu’on en dise, l’inclusion n’est pas encore devenue une évidence. 

Dans une époque où tout semble se fragmenter, la publicité peut encore rapprocher. Elle peut montrer des visages qu’on voit trop peu, raconter des histoires qu’on entend rarement, refléter une société qui ne demande qu’à être reconnue telle qu’elle est. 

Alors, la prochaine fois qu’un concept naît, si on se posait simplement la question : 
Qui manque sur cette image ? 

Parce que c’est souvent dans ce qui manque que se cache la plus belle vérité. Et peut-être aussi la prochaine grande idée. 

 

Denis Rochat 

Directeur Commercial at Neuromedia  & Handicap International Belgium Board Member