Going Analog avec la génération Z

Aujourd’hui, tout est à portée de main : la musique, les films, les séries ainsi que les livres. Nous payons des abonnements ou achetons des services et des biens immatériels. Et si cette révolution nous permet d’économiser de l’espace, les anciens supports semblent de nouveau attirer une cible qui ne les a pourtant jamais véritablement connus. Nommée « Going Analog », cette tendance annoncée pour 2026 s’est rapidement répandue sur les réseaux sociaux ces derniers mois, notamment sur TikTok, auprès de la génération Z. Celle-ci, qui a toujours baigné dans le numérique, décide de revenir vers l’analogique, c’est-à-dire les vinyles, les CD, les DVD ou encore les appareils photo argentiques. Pourquoi donc ce retour en arrière ?
Pour comprendre ce phénomène, Pascal Minotte, psychologue et co-directeur expert des usages numériques et de la santé mentale chez les jeunes pour le CRÉSAM, nous parle d’ambivalence. L’analogique n’a jamais véritablement disparu et le phénomène que nous observons aujourd’hui ne consiste pas à renoncer au digital et aux technologies numériques. « Je ne pense pas qu'il faille parler de réapparition. En réalité, il y a une règle qui s'observe systématiquement en matière de médias : c’est qu'aucun média n’a chassé l'autre de façon définitive et absolue. Il y a tout simplement les nouveaux médias qui apparaissent, se superposent et viennent complexifier la donne. »
Nos modes de vie et nos discours sont en contradiction. Nous sommes constamment hyperconnectés, par nécessité et par efficacité, tandis que les discours pessimistes à l’égard des « nouvelles » technologies se multiplient. Beaucoup sont conscients des méfaits du numérique. Cet « abandon » du digital serait alors une forme de petite révolte contre celui-ci. Pascal Minotte les qualifie de « poches de résistance symbolique ». Cette manière de consommer serait alors une réponse à la culture liquide, un concept inspiré de Zygmunt Bauman, philosophe et sociologue britannique : tout y est rapide, éphémère et immatériel. Ce retour à l’objet répond à plusieurs manques, tels que la possession, remplacée par le modèle des abonnements, le rapport au temps, car l’analogique permet de lutter contre l’anxiété liée au flux continu et à la facilité de transmission, ou encore l’authenticité, qui s’oppose à la perfection artificielle rendue possible par le numérique.
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