Rappel : Le plus grand talent d'un créatif c'est de supprimer.
Quand j'ai commencé ce métier, je pensais que la créativité consistait à ajouter.
Ajouter une idée. Une accroche. Une référence. Un effet. Une animation. Une exécution de plus. J'avais l'impression que plus une campagne était riche, plus elle était créative. Avec les années, j'ai découvert l'inverse.
Aujourd'hui, je passe une bonne partie de mon temps à enlever.
Enlever un mot qui n'apporte rien. Une image qui détourne l'attention. Une mécanique trop complexe. Une référence que seuls les créatifs comprendront. Jusqu'à ce qu'il ne reste que l'essentiel : une idée.
Notre métier adore la complexité. Nous parlons d'écosystèmes, de plateformes, de parcours, d'expériences, de touchpoints... Pourtant, les campagnes qui nous marquent le plus reposent souvent sur une idée d'une simplicité presque désarmante. Elles se racontent en une phrase. Elles se comprennent en quelques secondes.
Supprimer n'est pas simplifier à l'excès. C'est donner plus de place à ce qui compte vraiment. Un bon créatif retire tout ce qui empêche l'idée d'apparaître.
Notre métier, c’est aussi protéger une idée pour qu’elle devienne évidente pour ceux qui la reçoivent. La maturité d'un créatif se voit aussi au nombre de choses qu'il ose enlever.
Et si la simplicité n'était pas l'ennemie de la créativité… mais sa forme la plus aboutie ?

