Julie Foulon est fondatrice de Girleek et co-fondatrice de MolenGeek. Depuis 2011, elle forme des femmes aux métiers du digital bien avant que le sujet ne devienne tendance. Il y a quelque chose d’ironique dans l’histoire de l’informatique. Les tout premiers développeurs étaient des femmes. Puis, avec la miniaturisation des ordinateurs, le secteur s’est masculinisé. Aujourd’hui, on tente de corriger le tir mais les chiffres ne mentent pas.
Sur le portail belge GenderStats, 75,1 % des diplômés en STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) sont des hommes, un chiffre qui n’a pas bougé depuis dix ans. Le nombre de femmes diplômées en TIC (technologies de l’information et de la communication) baisse entre 2022 et 2024. Côté entrepreneuriat numérique, la croissance est réelle mais quasi exclusivement masculine. « Ces chiffres-là m’inquiètent très, très fort », dit-elle.
Retour aux fondamentaux
Pendant des années, le mot d’ordre était d’apprendre à coder. Des coding schools ont fleuri partout. Mais on a réalisé que le vrai problème était ailleurs. « On est revenu aux fondamentaux. La bureautique. Savoir créer une arborescence de fichiers, utiliser Word avec les bons styles, maîtriser Excel, faire une présentation sur Canva, » nous confie Julie. Des choses qui paraissent basiques mais qui font défaut à énormément de gens. L’IA générative amplifie ce besoin. Sans maîtrise de base, impossible d’en tirer quoi que ce soit. La fracture est aussi liée au tout-mobile. En Belgique, beaucoup n’ont comme seul outil connecté que leur smartphone. « Je te mets au défi d’utiliser un tableur avec ton téléphone. »
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