Valérie Morfitis (Ads & Data) et Wim Jansen (DPG Media Advertising) : Jusqu’où va l’intérêt commun ?

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À la tête respectivement d’Ads & Data et de DPG Media Advertising, Valérie Morfitis et Wim Jansen sont confrontés chaque jour aux mêmes défis : des revenus publicitaires sous pression, une complexité croissante et le pouvoir grandissant des plateformes internationales. Pour PUB, ils mettent cartes sur table. Jusqu’où la collaboration doit-elle aller ? Comment les médias locaux se positionnent-ils face à big tech ? Et, question non négligeable : Ad Manager deviendra-t-il la réponse commune ? 

Selon Valérie Morfitis, CEO d’Ads & Data, et Wim Jansen, CCO de DPG Media, le marché publicitaire belge dispose de nombreux atouts. Mais ceux-ci sont encore insuffisamment exploités. Les médias locaux disposent de reach, de contenus forts, de confiance et de connaissances locales, mais ils doivent mieux démontrer leur valeur et la rendre beaucoup plus facilement accessible. Et cela nécessite davantage de collaboration, y compris entre concurrents.

Dans quelle mesure le marché publicitaire belge est-il sain ?

Valérie Morfitis : « Avant de rejoindre Ads & Data, j’ai travaillé pendant cinq ans dans une fonction internationale chez Unilever. Cela m’a permis d’observer de nombreux media ecosystems différents. C’est là qu’on se rend compte à quel point la Belgique est bien positionnée. Dans certains pays, il n’y a pratiquement plus d’acteurs locaux et, en tant qu’annonceur, on dépend presque entièrement des plateformes internationales.

Nous nous plaignons beaucoup ici, mais nous pourrions en réalité être un peu plus fiers. Bien sûr, nous devons rester vigilants, continuer à développer notre reach et à investir dans le journalisme de qualité et l’entertainment. Mais le media ecosystem local qui existe ici est vraiment quelque chose que nous devons préserver. »

Wim Jansen : « C’est vrai. En même temps, il ne faut pas sous-estimer la complexité belge, avec nos deux régions linguistiques pour les annonceurs. Il y a aujourd’hui plus de canaux, plus de data et plus de KPI’s que jamais. Mais davantage d’informations ne rend pas automatiquement l’advertising meilleur. Nous devons nous concentrer sur la simplicité, la transparence et un véritable business impact. Les médias locaux combinent culture locale et scale avec du content, du context et des data fiables. Ce sont de solides atouts pour construire des marques sur le long terme. »

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Photos : Antonin Weber et Ruthje Goethals