Créateurs et journalistes, même combat ?

Influence / News

Les créateurs de contenu vont-ils remplacer les journalistes ? La question agite volontiers les rédactions. Mais elle est peut-être déjà dépassée. Réunis lors d’Influence Forward 2026, journalistes, créateurs et représentants des plateformes ont plutôt plaidé pour une cohabitation. À condition de parler le même langage : celui de la confiance.

À l'occasion de la conférence Influence Forward 2026, organisée par l'Influence Marketing Alliance (IMA) et Stellar, un panel d’intervenants a débattu de la question « Qui façonne l’information aujourd’hui ? » Autour de la table : Adeline Hulin, responsable de l’unité pour l’éducation aux médias et à l’information et aux compétences numériques à l’UNESCO, Fabio Digiacomo, spécialiste de l’impact social chez Google, Noah Heine, fondateur de L'Explik et Tim Verheyden, journaliste à la VRT. Ensemble, ils se sont penchés sur l'essor des créateurs d'information. Le point de départ était clair : il ne s'agit pas de savoir qui, des créateurs ou des médias traditionnels, a raison… La question est de savoir comment chacun peut contribuer à un écosystème plus crédible et plus accessible. Un logo ne suffit plus. Une marque média prestigieuse non plus. Sur les réseaux sociaux, la confiance s’incarne désormais dans un visage. Pour Tim Verheyden, les médias traditionnels auraient tort de l’ignorer. Le JT de 19 heures livre une information, mais montre rarement comment elle a été fabriquée. Pourquoi ce sujet ? Pourquoi cet angle ? Quelles sources ? Le créateur, lui, dialogue avec son audience, explique ses choix et peut même reconnaître ses biais.

L’information vient à vous

Noah Heine en a fait l’expérience avec L’Explik. Lancé il y a deux ans, au moment où les élections européennes s’ouvraient aux 16-18 ans en Belgique, le média ciblait d’abord l’actualité politique. Il s’est depuis élargi à l’information générale. Son terrain de jeu ? Les réseaux sociaux. Là où 40 à 44 % des jeunes vont chercher l’information, ou plutôt la rencontrent. Car c’est toute la différence. Sur TikTok ou Instagram, nul besoin d’ouvrir un journal ou de lancer un JT. L’actualité surgit entre deux contenus. L’enquête « Behind the Screens » de l’UNESCO révèle ainsi qu’une majorité de créateurs ne vérifie pas systématiquement les informations qu’ils diffusent. Le nombre de likes peut même devenir un indicateur de crédibilité. Et 70 % ou plus connaissent mal le cadre dans lequel s’exerce la liberté d’expression, avec les responsabilités qu’elle suppose en matière de vie privée ou de discours de haine. Ce n’est pas pour rien qu’en 2025 déjà, l’IMA et le Conseil de la Publicité lançaient un programme de certification destiné aux influenceurs. Pour sa part, le JEP vérifie depuis lors le respect des règles liées à la certification.

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